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GEORGES DUHAMEL ET CHARLES VILDRAC
NOTES SUR LA TÉCHNIQUE POÉTIQUE
PARIS CHEZ CHAMPION
5, QUAI MALAQUAIS, (VI) M DCCCC XXV
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NOTES
SUR
LA TECHNIQUE POÉTIQUE
IL À ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE :
15 exemplaires sur papier d’Algrée chamois, numérotés 1 à 15.
15 exemplaires sur papier d’Algrée violet, numérotés 16 à 30.
25 exemplaires sur papier des Manufactures impériales du Japon, numérotés 31 à 55.
50 exemplaires sur papier Roma blanc, numérotés 56 à 105.
50 exemplaires sur papier Roma vert-d’eau, numérotés 106 à 155.
75 exemplaires sur papier d’Arches, numérotés 156 à 230.
900 exemplaires sur papier vélin pur fil Lafuma.
Droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservés pour tout pays. Copyright by Édouard Champion, 1925
GEORGES DUHAMEL ET CHARLES VILDRAC
NOTES SUR LA TECHNIQUE POÉËÉTIQUE
PARIS CHEZ CHAMPION
5; QUAI MALAQUAIS (VI€) M DCCCC XXV
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DC) F2
PRÉFACE A LA NOUVELLE ÉDITION
NE nouvelle édition des Notes? Pourquoi non? Mais d’abord il nous a fallu les relire.
Épreuve redoutable. Les Notes sur la technique poé- tique ont été rédigées de 1908 à 1909 ; elles ont été pu- bliées en 1910. Depuis ce temps, le monde a subi des secousses furieuses ; la poésie en a souffert, sans nul doute, et profité peut-être.
Que vont donc penser de ces querelles nos frères ca- dets, les révolutionnaires de ce matin, tous ceux qui ont fourré des pétards dans la syntaxe, vitriolé la gram- maire, écartelé la typographie, éventré le vocabulaire et soufflé dans les mots comme au cul des grenouilles, pour voir? Et les autres, les repentis, les « esprits distingués », les dandys de tous les classicismes, les conscrits de toutes les restaurations, cravates et cocardes?
Comment, après ces quinze années, va-t-on juger nos inquiétudes, mesurer nos audaces, agréer notre passion ?
Eh bien, lecture faite et refaite, Champion peut y aller si bon lui semble. Ces Notes, ce n’est pas si mal. Ça n'a pas trop vieilli. En dépit des omissions, des légère-
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VI PRÉFACE À LA NOUVELLE ÉDITION
tés, des emballements voire, ça garde encore de la ron- deur, du mordant et même un peu de cette juvénile méchanceté qu'il faut bien que l’on ait quand on aime vraiment quelque chose ou quelqu'un.
Nous avions tenté de mettre un peu d'ordre dans notre cœur et notre esprit. Cela ne va pas sans coups de balai. Mais quels beaux souvenirs! Et comme elles étaient vertes, les salades que nous arrosions, dans notre jardin de banlieue, en discutant sur la technique!
Quant à reprendre tout ça mot par mot, quant à reta- per, à rafistoler, à rafraîchir, non! Vous ne comptez pas nous amener à tricher. Cuvée de 1909. Ces choses-là doivent rester ce qu'elles sont, c'est-à-dire ce qu'elles ont été. Pour aujourd’hui, nous ne manquons pas de travail. Et comment s’appesantir sur cette vieille his- toire, quand on a encore, semble-t-il, tout l’avenir de- vant soi?
G. D. — C. V.
AVERTISSEMENT
Ces pages sont nées entre nous deux, alors que, pen- chés sur le même livre de vers ou sur le dernier poème de l’un ou de l’autre, nous nous sommes rencontrés et passionnés dans les mêmes compréhensions et les mêmes découvertes.
Si l'on relevait les opinions et les critiques que peuvent formuler deux hommes de même culture et de mêmes tendances artistiques, pendant qu'ils feuillettent ensemble un album de dessins, il serait ensuite bien diff- cile de reconnaître quelle part en revient à chacun d’eux.
Pareïllement, ces lignes sont notre commune récolte.
Très loin de nous la prétention d'écrire un livre sur l'esthétique moderne du vers. Les poètes ont difficile- ment la patience, l’abnégation et la discipline qu’exigent de tels travaux.
Il y a d’ailleurs de semblables ouvrages, et des au- teurs fort érudits ont traité la question dans tout ce qu’elle comporte d'âprement scientifique.
Il ne nous appartenait pas de présenter, tourner et retourner certains problèmes — de phonétique par exemple. — Plusieurs savants et glossateurs en ont fait
VIII AVERTISSEMENT
l’objet de leurs recherches ; nous n’admettrons pas ces points à considération, parce que nous redoutons de nous laisser égarer dans des particularités physiolo- giques, qui ne sont que des particularités, ou de nous livrer à des vérités de laboratoire qui n’ont jamais donné le centième des fruits que prodigue le sûr instinct.
Nous avons seulement rassemblé, sans trop les classer et sans jamais les développer, les notules qu'est suscep- tible de tracer sur son carnet tout poète. libre qui aime son art et recherche consciencieusement les raisons d’une technique qu'il veut sans cesse affiner.
A certaines de ces pages, des lecteurs instruits de la métrique moderne diront que nous découvrons l’Amé- rique ; nous ne voulons pas nous en défendre. Mais cette découverte n'est pas encore reconnue de tous. Même parmi ceux qui admettent le vers libre, certains n'en soupçonnent pas les mécanismes.
Nous ne donnons d’ailleurs pas ces quelques feuillets à l'imprimeur pour les faire lire aux poètes ; mais nous essayons, avec l’assentiment précieux des lettrés, d’ex- pliquer et de défendre le vers libre! devant un public moins restreint, bénévole, et qui n’est jamais renseigné que par les innombrables anthologies, traités et maga- zines de la gent de lettres académique.
Sans doute nous devons nous répéter, sans doute nous
1. Ce vocable, décrié avec raison, est néanmoins consacré. Nous devrons donc l’employer.
AVERTISSEMENT IX
devons retrouver parfois ceux qui, depuis quelque trente ans, soutiennent la thèse du vers libre ; mais nous pen- sons qu’il faudra longtemps redire les mêmes choses et les représenter sous toutes les formes.
On nous pardonnera d’avoir quelquefois pris des exemples parmi nos propres vers : alors qu'il s'agissait d’une simple question de forme, 1l eût été vain de feuille- ter quelques ouvrages d’un bout à l’autre, tandis que le cas typique s'offrait immédiatement à nous.
D'ailleurs, nous n’avons pas voulu relever, trier, choi- sir des exemples : nous avons accepté ceux que nous pro- posait notre mémoire.
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NOTES SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE
N des caractères de l'effort artistique contem- porain est la tendance vers plus de dignité, plus de droiture et aussi plus d'initiative.
# * *
Nous ne croyons pas que pour un sujet de Louis XIV, pensionné comme poète, il y ait eu mieux à faire qu’une tragédie en vers soumise à toutes les lois de ce genre poé- tique. Mais, actuellement, la plupart des poètes qui « donnent dans le classique » ne s’accommodent pas des anciennes règles, devenues servitudes, sans une multi- tude de compromis blessants pour la logique et dont l'hypocrisie puérile fait sourire.
# %k x
Que penser du poète, — 1l y a des cas notoires, — dont l'émotion s’accommode, dans un sonnet, de quatre
2 NOTES
mots difficilement conciliables, mais impérieusement désignés comme étant les seules rimes riches dont la langue dispose?
* é *
Pour beaucoup, cette idée a prévalu que les possibili- tés d’art étaient dans la langue comme les veines dans la pierre; malgré tout ce qu’il y a de séduisant dans cette théorie qui veut que l’on dégage son sujet du voca- bulaire même, nous aimons mieux ignorer qu'une cons- piration des mots pourrait mettre la pensée en laisse, non sans reconnaître la bienveillance du langage et ses docilités qui ressemblent à des prévenances.…
* g *
Boileau, non sans habileté, a donné le change avec ce mot raison dont il a continuellement la bouche pleine. Il ne sentait que trop le péril où les raisons de la métrique mettaient la raison même.
* ji *
Tout en reconnaissant que dans cette geôle sont nés des chefs-d’œuvre incomparables, nous ne mesurons pas sans étonnement le trou de souris par où un Baudelaire dut passer, avec ses ailes; on découvre toujours les traces de tels records.
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 3
* * x
Il suffit de s'amuser à faire un sonnet sans idée prééta- blie pour voir à quelles surprises les mots conduisent. Nous sommes sûrs que bien des versificateurs ont trouvé là leur façon de penser, ainsi qu’on demanderait des indi- cations décoratives au kaléidoscope.
* * x
Aujourd'hui, les gens qui défendent la versification régulière avec le dogmatisme et l’intransigeance glapis- sante d’un Dorchain sont aveugles ou imbéciles.
Boniments :
Symbolisme, vers libre ; vers libre, symbolisme : ces mots-là sont inséparables pour certains auteurs tristes, et pour maintes écoles qui ont eu des malheurs.
— Ah! vous faites des vers libres, monsieur? de la poésie décadente…
* * _*
Il y a vraiment du courage à écrire en vers libres après la troisième jeunesse!
Faut-il pardonner à Un Tel de recommencer à nous fignoler de ces alexandrins qui seront son passeport pour
4 NOTES
l'immortalité, de ces quatrains benoîts comme des actes de contrition?
*k *X *%
Ceux qui possèdent leur vers libre y tiennent : on n'abandonne que le vers libre.
* * *
Vous qui prônez si haut le vers libre et ne renoncez pas aux minuties puériles d'une « plastique » empesée, vous êtes épatants comme ces mangeurs de curés qui font maigre le vendredi et envoient communier leurs gosses.
*k * + « Marbre », « airain », « plastique », « pureté »... Mon- trez voir? * * +
Il ne faut pas prêter à la forme l'importance de la ma- tière.. Mais, tout de même, comme il y a des poètes peu curieux de leur art et de bons livres versifiés au pochoir, — à ce vieux pochoir! — |
Il y en a, — on n'est pas plus stoïque, — qui se re- fusent toute recherche dans l'enceinte de leurs vers égaux ; ils se bornent à l'alexandrin binaire ou ternaire et au vers de huit syllabes.
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 5
Ils ont quelquefois des alexandrins sans vertèbres, mais ils ne savent pas le vers libre de douze pieds et comme le déplacement ostensible des césures peut émouvoir un hexamètre, lui enlever son casque :
.… Et ici tout cela qui va, vient et se berce,
Tout cela dont l'éclat est un grand sortilège Encourageant et subtil, autour de ma main! Tout cela se penche, et se relève, et s’abaisse, Tant et tant, et jusqu’à son triste effeuillement…
Georges PÉRIN.
*k *X +
.… Et les mètres impairs de 7, 9 ou 11 syllabes ; le vers de 10 syllabes, coupé tantôt en 4 et 6, tantôt en 6 et 4, ou en 5 et 5, avec des partis pris si délectables ; le vers de 13 syllabes (6-7), qui est comme un alexandrin plus éthéré, balbutiant, pathétique :
Je vous louerai, Seigneur, | d'avoir fait aimable et clair Ce monde où vous voulez | que nous altendions de vivre.
Anatole FRANCE. Et tant d’autres richesses qui demeurent le propre de quelques-uns.
*k * *
Nous croyons que l’enjambement, exception faite des cas où il constitue un véritable procédé oratoire, n’est
6 NOTES
jamais qu’un contresens. On en use comme on détour- nerait une loi en jouant sur son texte. L’enjambement est une façon de sauver les apparences, de détruire l’in- tégrité d’un mètre impunément sans violer la « règle du jeu DA
Il a prouvé cependant que l'oreille admettait une pé- riode prolongée au delà de la rime noyée, le tout aux dépens du vers suivant réduit à 8, 9, 10 ou 11 syllabes. Il justifie donc les vers de 14 et 15 syllabes qui appa- raissent dans la forme libre.
*k * *
Une rime enjambée n’a même plus l'intérêt d’une rime intérieure ; elle est strictement stérile, comme une formalité de procédure. En effet, une rime intérieure n’est mise en valeur que par sa situation précise à l’une des césures.
* * *
Les vers de 13, 14 et 15 pieds font définitivement jus- tice de l’'enjambement qui leur a donné droit de cité, — de tout enjambement non exigé par le mouvement.
* k *
Un vers contient toujours un sens clos et suffisant ; sa chute doit indiquer plus ou moins une logique reprise d'haleine. — Nous réservons, bien entendu, le cas, dé-
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 7
sormais exceptionnel, de l’enjambement à dessein. Gus- tave Kahn dit excellemment : « L'unité du vers peut se définir : Un fragment le plus court possible figurant un arrêt de voix et un arrêt de sens. » Cela est si vrai que la traduction à peu près littérale et vers à vers d’un poète étranger aligne des membres de phrase qui, pour n’être ni rythmés ni rimés, n’en gardent pas moins cette allure caractéristique qui les fait considérer et chanter comme des vers, selon l’ordre et les pauses de leur lyrisme inté- rieur.
k “k *k
Possédant quelquefois plus d'envergure que l’alexan- drin, le vers de 14 pieds peut facilement ne pas paraître plus long. Il n’a pas la tendance de l’hexamètre à l’em- phase ; cela tient à ce que ses fractions sont ou im- paires (7-7), ou inégales (6-4-4, 6-8, 6-2-6, etc.).
k *k +
Le vers de 14 pieds est récitatif. Il sera, de par sa souplesse discursive, un des successeurs ou collabora- teurs de l’alexandrin sur la scène.
* *% *
On ne s’adonne pas, de parti pris, soit au vers libre, soit au vers régulier. Le vers régulier fait partie de notre
liberté. 2
8 NOTES
Nous attendons le moment où l’alexandrin, parmi le vers libre, ne fera plus l'effet d’être imprimé en carac- tères gras. Dans l’armée bariolée et pittoresque des mètres, il faut qu'il fasse oublier, lorsqu'il apparaît çà et là, qu’il porte l’uniforme des anciennes troupes régu- lières et qu’il marche au pas de parade...
* * *
Il y a des sujets qui exigent une apparition des vers réguliers, par périodes, et voire de la rime rigoureuse.
* * *
Un vers de 11 pieds coupé en 8 et 3 : le premier hé- mistiche, 8 : un élan majeur, lyrique ; puis le second, 3 : un étranglement, l'élan est brisé. On a besoin quelque- fois d'exprimer cela.
Un cri voudrait jaillir de moi | el ne peut. C. V.
k æ *
Parfois, dans une strophe à nombre fixe, l'émotion ou le lyrisme déborde un peu dans un vers qui se trouve avoir ainsi un ou deux pieds de plus que les autres :
Quand, plaie énorme et rouge, une voile, soudain,
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 9
Tuméfiée au vent, cingla vers les débarcadères ; Quelqu'un qui s’en venait des pays légendaires.
Émile VERHAEREN.
* k *k
Ainsi qu'un peintre évite l’arête sèche entre deux sur- faces ou deux plans, il sied parfois qu'on atténue la cé- sure trop franche en laissant à la fin de l’hémistiche un e muet non élidé. Alors, au lieu d’une barre de sépara- tion, on a un léger brouillard, quelque chose comme un silence harmonique. Exemple, au second de ces vers :
Je l'ai mélée avec la mienne, Quelle est la mienne, quelle est la tienne, Quelle est celle qui parle en bas.
Henry BATAILLE.
On sait quel grand charme Paul Fort a su tirer, dans ses ballades, de l’éclipse et du jeu des e muets.
k # #
Il ne faut pas qu’en ouvrant un livre de vers libres on y trouve moins de variété de formes que dans le livre d’un Banville ou d’un Hugo.
Il y avait, dans l'ancienne poétique, grand choix de divertissements, non seulement par la variété des mètres, mais encore par l’arrangement des vers. Une pensée trouvait place dans un rondeau, qui n'aurait pu
10 NOTES
s’accommoder de la ballade ; un sonnet, un triolet, un rondel, une ballade, autant de cadres différents et appro- priés à un contenu défini. Il faut que la métrique nou- velle, qui ne veut plus de ces canevas, soit l’infinie va- riété et l'adaptation continuelle. * dé pi On peut réaliser tous les genres avec le vers libre, et les transfigurer. Vielé-Griffin, par exemple (In memo- riam Stéphane M allarmé), emploiera tel vers libre alli- téré et fréquemment rimé, qui, après avoir, pendant un temps, soutenu l attention par des mètres longs, la fait retomber périodiquement avec Un petit mètre. Et cela n’a-t-il pas transposé ce qu'il y avait de saisissant dans certaines stances?
Avec l’éblouissement de ce soleil, ces ombres, Ainsi qu'au gré d'une palette étrange,
On trace aux dalles chaudes de ces décombres Des pas nus d'anges;
Francis VIELÉ-GRIFFIN.
* * * Pareillement, on peut établir une strophe libre dont Ja silhouette, — sinon l’exacte disposition métrique, — se répète plusieurs fois.
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE II
Ces poèmes en vers libres à forme fixe, dans lesquels un lecteur peu prévenu perçoit mieux les intentions, sont susceptibles de la plus grande variété.
Entre autres nombreux poètes, Laforgue, Gustave Kahn, P.-N. Roinard s’y sont livrés avec prédilection.
% % *
Quand, par exception, le vers libre n’adapte pas stric- tement sa forme au fond, c’est qu’il cherche simplement la surprise et la diversion.
Après une période de vers égaux, — d’hexamètres par exemple, — lorsque l'oreille commence d'accepter passivement cette cadence, un besoin naît, non impé- rieusement commandé par le sens, mais bien plus par la
fatigue de l'ouïe, de réagir. — Et c’est comme si l’on soufflait légèrement sur une colonne de fumée pour la dé- placer un peu de son axe. — Alors vient un vers de 11
ou 13 ou 14 syllabes, et cela est d’un grand charme sans préjudice de la ligne :
Ne bouge pas, la lune a remué sur l’eau ;
Les feuilles mortes n'osent pas s'approcher d'elle. Viens, ne fais pas de bruit, c’est l'heure des roseaux. Nous tremperons nos dorgts dans la lune fraîche et belle Et nous la troublerons presque en soufflant dessus. Elle voudrait peut-être aller à la dérive,
Vers les longs fleuves dont elle s’est souvenue…
Henry BATAILLE.
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Une poétique repose sur des rapports métriques et pho- nétiques.
*k * *
Les vieilles cadences soulignaient trop ces rapports ; nous pouvons danser maintenant sans grosse caisse, nous pouvons chanter sans métronome.
* +
Les habitudes de l'oreille se déplacent et se déplace- ront.
* * “#
Devant les réalisations de l'instinct poétique libre, il ne faut pas, de nouveau, réglementer, interdire, honnir ; il faut s’émerveiller, goûter et induire en ce goût.
*k *k *
L'ancienne poétique alignait des corps numérique- ment égaux et les vers étaient entre eux dans le rapport d'unité à unité.
On constate fréquemment, dans la forme moderne, que la cadence d’une strophe ou paragraphe poétique est due à la présence répétée dans chaque vers d’un
I4 NOTES
corps numérique fixe, que l’on peut appeler constante
rythmique et qui bat la mesure dans la mélodie continue. Les vers réguliers sont donc réduits à leur seule cons-
tante rythmique. di
Un vers se compose :
1er cas. — De la constante rythmique seule ou redou- blée (cas du vers régulier) ;
2e cas. — De la constante rythmique et d’un élé- ment, numériquement variable pour chaque vers, qui donne à celui-ci son individualité étroitement adaptée au sens.
Dans les vers suivants, d'Henri de Régnier, la cons- tante est de 6. C’est la forme la plus proche de l’alexan- drin mêlée à l’alexandrin même :
En allant vers la Ville où l’on chante aux terrasses Sous les arbres en fleurs comme des bouquets de fiancées, En allant vers la Ville où le pavé des places
Vibre au soir rose et bleu d’un silence de danses lassées.
Dans ces vers de Francis Jammes règne une constante de 5:
Il y a une armoire à peine luisante
Qui a entendu les voix de mes grand'tantes, Qui a entendu la voix de mon grand-père, Qui a entendu la voix de mon père.
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 15
À ces souvenirs l'armoire est fidèle. On a tort de croir(e) qu’elle ne sait que se taire.
La situation de la constante rythmique, hémistiche fixe d’un vers mobile, n’est jamais systématique : elle peut commencer le vers, le soutenir en son milieu comme le couteau d’une balance, ou le terminer, le justifier. C'est le cas dans les vers suivants (constante de 5) :
La voix retentit comme un hymne paré d'étoiles Parmi les drapeaux et les miroirs de fête ; des cadences de marteaux géants dans des forges hantées de chanteurs athlètes S'allument, frissonnent, sonnent et s'estompent pour faire place aux chants doux des harpes. ° Gustave KAHN.
k *k *
Nous ne dénonçons pas une intention formelle chez ces poètes, mais nous constatons.
* * *
Une strophe peut être régie par une ou deux cons- tantes rythmiques.
* * +
La constante rythmique peut se répéter dans l’inté- rieur du même vers.
16 NOTES
Deux constantes inégales peuvent se combiner soit en se suivant, soit en s’emboîtant.
*k * *
La constante peut s'imposer dès le début de la _strophe ; d’autres fois elle ne s’affirme qu'au cours ou à la fin du paragraphe poétique ; car, par la valeur de ses consonnes où de ses voyelles, par la présence et le nombre des e muets, elle peut devenir plus ou moins compacte ou s'estomper.
* * &
Nous venons de considérer la constante rythmique ‘au seul point de vue du nombre de ses syllabes ; mais les durées syllabiques, sur lesquelles l'instinct musical du poète ne se trompe pas, peuvent modifier cette numéra- tion, qui ne saurait avoir rien d’absolu.
Ici, plus qu'ailleurs, il n’est de maître que l'instinct.
+ . ' *k +.
L’oreille affinée sait trouver l'équilibre avec le retour régulier du mètre intérieur.
C’est par les valeurs successives du membre juxta-
osé à la constante rythmique que s’obtiennent les pro-
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 17
ce qui donne au poème sa forme dans le temps et dans
gressions, les répétitions insistantes, les syncopes et tout | l’espace. Voici un exemple de progression :
Mais je reviendrai, | puis côte à côte
Nous promènerons | l’aimable désir
De nous réclamer | à tout ce qui disperse
De nous amasser | pour nous offrir mieux et lourd.
G. D.
Cette progression à constante de 5 présente l’aspect schématique suivant :
Il est aisé d'imaginer quelle variété on peut donner à la constante rythmique qui représente bien l'amplitude du cri poétique. Étant donné que la constante corres- pond à la mesure en musique, et, comme elle, peut ou non changer dans le cours d’un poème, nous constatons et prévoyons plusieurs cas.
* * *
Tel poème évolue complètement avec le jeu d'une seule constante qui en est le ressort suffisant et choisi.
18 NOTES
Cela peut insister, obséder, bercer, et pourtant cette mé- trique, stricte dans-sa liberté, n'aura jamais la monoto- nie des vers égaux ; car la cadence omnibus du vers régu- lier ne saurait pas même faire image en grisaille, puis- qu'elle est susceptible d’enclore dans le même cadre les plus héroïques éclats et les mélopées les plus atones.
* di *
Quand un poème emploie deux ou plusieurs cons- tantes, il passe parfois de l’une à l’autre, brutalement, dans l'intérieur de la strophe, ou bien change à la fois de cadence et de strophe. Exemple :
S'il leur faut demain | franchir une porte Où l’on ne peut pas | éfre deux de front, Où il faut que l’un | passe après l’autre, Devant cette porte | 1is s’arréleront AYANT UN PLI MAUVAIS | sur le froni, AYANT UN ŒIL MAUVAIS | pour s’épier.
Cela s'entend comme une saute de mouvement en musique (cette comparaison dangereuse est nécessaire).
Ce sont de tels effets qui donnent au vers libre son caractère. .
% # *
Un vers peut assumer la transition entre les deux
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 19
Cd
mouvements ; deux constantes l’animent, l’ancienne et celle qui se fait jour. Exemple :
PENSEZ-VOUS PAS | à ce tison dont la course
CINGLE LE NOIR | d’un long regret qui ne veut pas périr? AH! DEVINEZ | comment je règne où je demeure
ET QUE JE Vis | entre ic et là, longuement.
Maïs je reviendrai, | PUIS CÔTE A CÔTE
Nous promënerons | l'aimable désir
De nous réclamer | à tout ce qui disperse
De nous amasser | pour nous offrir mieux et lourd.
G. D.
Le premier vers de la seconde strophe réunit à la cons- tante de 5, qui la caractérise, la constante de 4, qui com- mande la strophe précédente. Mais il s’agit ici d’un exemple très simple ; les constantes occupent une posi- tion initiale dans les deux strophes, la transition est bien | indiquée par les mots et le sens. C’est souvent beaucoup plus compliqué que cela. Nous avons choisi à dessein des vers où tout peut être pesé à peu près par quantités syl- labiques égales ; qu’on juge de la complexité avec la- quelle on se trouve aux prises dès qu’entrent en jeu des évaluations phonétiques qui relèvent de l'arbitraire.
+".
Il se peut que la transition entre deux mouvements porte sur un groupe de vers au long desquels les deux
20 NOTES
constantes agissent de concert jusqu’à prédominance définitive de la dernière venue. Il ne faut pas porter plus loin l'analyse des cas multipliés et compliqués par la simultanéité de maints automatismes métriques ou pho- nétiques.
* *k #
La maîtrise et l'imagination arrivent à fluidifier la strophe par le jeu de plusieurs constantes qui alternent, se chevauchent, disparaissent, resurgissent, sans aucune régularité, sans aucune périodicité sensible, en sorte que toute « dissection » est impossible.
* * +
Au point culminant d’un poème où la constante rythmique est de 5 : le déploiement d’un vers de 15 syl- labes ternaire (5, 5, 5) :
Il y avait moi, parmi tout cela,
Un peu celui-ci, un peu celui-là,
Il y avait moi,
Le rêve tendu | désespérément | vers des archipels. C. V.
* * *
Lorsque la constante rythmique sera de six, évidem- ment les alexandrins seront fréquents.
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 21
* * +
Le vers libre à constante rythmique est bien la pre- mière et la plus simple métamorphose du vers régulier.
* * $
D'ailleurs, il y a des strophes et même des poèmes entiers que ne régissent pas les combinaisons de cons- tantes. Notre poétique a d’autres rouages, elle se meut selon d’autres rapports numériques. La constante ryth- mique n’est que l’un de ces rapports, le plus élémentaire, le plus contrôlable, celui qu’il convenait de signaler le premier.
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Un peu d’arithmétique.
Il arrive souvent que deux vers consécutifs formant strophe soient césurés chacun de telle façon qu’on puisse dire :
Le premier hémistiche de l’un est au premier hémis- tiche de l’autre comme les seconds hémistiches des deux vers sont entre eux. De même, les deux hémistiches d’un des vers sont entre eux comme les deux hémistiches de l’autre.
Le rapport tient alors à un équilibre rythmique et les corps numériques jouent mutuellement un rôle de contrepoids, comme les quatre facteurs d’une de ces proportions qui compliquaient nos devoirs de calcul.
Cela paraît juste, tant comme rapports syllabiques simples que comme rapports phonétiques.
Voici des exemples :
Cette rose | à ton corsage, Cette fleur rouge | à ton col entr'ouvert…
André SALMON. Oh! elles existent, | elles attendent, Ils n'auraient qu'à choisir, | ils n'auraient qu'à prendre. C. V. 3
24 NOTES
Si nous désignons par 4, b, c, d, selon leur ordre, les quatre hémistiches de chacun de ces exémples, n’est-il pas possible d'écrire :
a:b::c:d4 et aussi, pour justifier jusqu’au bout la comparaison : a:c::b:4 etc etCux
Ces schémas évitent de longs commentaires, qu’on nous pardonne leur barbarie.
* * +
Les assonances et rimes intérieures non moins que les arrêts du sens aident et justifient plus que jamais les cas d'équilibres rythmiques.
* # *
L'équilibre rythmique, fréquent pour des couples de vers, peut s'imposer aussi à des groupes de trois, voire de quatre vers.
Dans ces cas, il donne parfois lieu à des dispositions spéciales, telles que progressions ou régressions intéres- sant tous les membres de phrase ; ce qui n’est plus du tout assimilable à la progression qui se développe au flanc d’une constante rythmique. Un exemple :
Elle ne mouille pas | tout le monde (6-3),
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 25
Elle ne désaltère pas | toutes les soifs (8-4), Elle ne doit pas empoisonner | tous également (9-5). G. D.
* ” $ Les équilibres rythmiques ne se produisent pas seule- ment selon des rapports numériques de syllabes. Il y a de simples symétries présentant les aspects les plus variés, simples symétries de césures :
Le palais s'est effondré | sous les mousses, Le palais s’est désagrégé | sous les efforts de partout. Gustave KAHN.
Mais quelle est, | diaphane et frêle, Cette neige qui tremble, | qui étincelle. Albert MocKkeL.
Tes mains, | la fin subtile de ton corps, Tes mains sans bagues, | qui vont toucher les miennes tout [à l'heure.
André SPIRE.
On est entré, | mon Dieu, | poussé par la naissance, Quoiqu'on ait rêvé, | sans doute, | d’autres essences. Henri HERTz.
Brusquement, | me retournant, Je l'ai assommée | à grands coups de mes vingt ans. René ARCOSs.
+
26 NOTES SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE
La syntaxe et les repos de la voix aident le plus sou- vent à ces rapports. La nature même des mots, leur qua- lité syntaxique peuvent déterminer le balancement de la phrase, donnant, à certains hémistiches correspon- dants, la valeur colorée des adjectifs, à d’autres le poids des substantifs, à d’autres encore l'énergie mo- trice du verbe.
Il existe une technique qui consiste à empiler des hémistiches isolés, et pour ainsi dire à disséquer la phrase comme le ferait l'analyse logique. Cela souligne excessivement le rythme en forçant sur les arrêts ; mais le vers disparaît, croyons-nous, tout comme si l’on écri- vait :
Que toujours Dans vos vers
Le sens,
Coupant les mots, Suspende L'hémistiche,
En marque
Le repos.
Cela doit rester une technique d’exception.
* - *
Il y a des poètes qui croient ingénument faire du vers libre en alignant des mètres proches parents, comme 12, 8, 6, 4, etc., tous multiples ou sous-multiples les uns des autres. C’est souvent très bien, mais ce n’est pas tout.
28 NOTES
D'autres, qui n’osent pas assez, ont pu réaliser cette curieuse combinaison, d’enfermer de véritables vers libres à l’intérieur du moule alexandrin…
Autrement respectables, il est vrai, que les gens de la vieille garde.
* * +
À certaines pages de vers libres, nous avons pensé
qu'en criant : — Rassemblement! tous les vers allaient venir se ranger en hexamètres ; sans déchets. — Fixe! * * +
La bonne foi surprise :
En voilà un qui commence en vers libres. Bien!
Et puis, dix minutes après, on se réveille en chemin de fer :
Chassez l’alexandrin, il revient au galop.
+ js *
On rencontre parfois le « beau vers » qui a les effets de plastron et l’allure connue du « joli garçon ». Très bien porté dans le Midi.
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 29
# * *#
Les alexandrins qui surgissent par bouquets dans un poème de forme moderne réconcilient un peu le lecteur rébarbatif qui veut voir là un moment d’application. En fait, 1l s’est trouvé que le poète, distrait par quelque autre souci de son art, a détourné son attention de la métrique, revenant pour un temps à la forme qui, plus anciennement maniée, quasiment machinale, est tou- jours la plus facile.
* * % Il faut souvent se chanter ses vers et les chanter à quelque autre.
# jé k Il ne doit pas, surtout il ne devra pas y avoir d’équi- voque dans les interprétations rythmiques. Quel sérieux accorder à telle prosodie où les intentions transpa- raissent si peu que dix lectures différentes demeurent possibles ? …
* * +
Prenons garde, en revanche, de faire grossier et pri- maire ; prenons garde aux rythmes cousus de fil blanc.
30 NOTES
* * +
L'éducation des comédiens et diseurs de vers serait totalement à refaire. si toutefois elle avait jamais été faite.
Quelques-uns, mais si peu, savent.
* * +
Les poètes d'aujourd'hui devront, plus que jamais, ne pas laisser somnoler le sens critique.
Pas de liberté sans responsabilité ; et maintenant nous sommes responsables.
* * *
Dès que l’on parle de poésie, l'influence même des mots conduit aux comparaisons musicales.
Elles sont, en fait, trop séduisantes et souvent trop sensibles pour qu’on les doive répudier.
Cependant il importe de dissiper une équivoque.
Nous ne croyons pas que l'influence de l’art wagné- rien, comme on l’a dit souvent, ait orienté la rythmique moderne, pas plus que ne l’a fait le vif intérêt que les poètes de notre époque, à l’encontre de leurs aînés ro- mantiques, ont porté aux choses de la musique. Il y a là l’erreur fréquente qui consiste à établir une relation de cause à effet entre deux événements dont la parenté évidente ne relève que d’une cause commune.
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 31
Les musiciens novateurs et les premiers verlibristes souffraient des mêmes besoins et tentèrent les mêmes évasions.
La ligne s’est assouplie dans tous les arts au cours du même demi-siècle, — pour ne pas préciser de simulta- néités.
* * +
A peine peut-on dire : La musique des vers est à la musique proprement dite ce que la « couleur » dans une eau-forte est à la couleur dans une peinture.
* *+* +
Il ne faut pas confondre dans un vers le chant et la rythmique.
On peut rythmer à plat ; rythmer en chantant ; chan- ter sans rythmer.
La rythmique repose sur la durée.
Le chant repose sur la hauteur des bruits, leur ampli- tude et leur timbre. |
Il y en a qui n'ont que le chant, d’autres que le rythme ; certains ont l’un et l’autre.
* * *
Nous avons observé qu'il n’y a pas nécessairement unité rythmique dans une strophe. Le nombre des vers soumis aux mêmes raisons mé-
32 NOTES
triques (constante, équilibre, symétrie, etc.) peut se res- treindre jusqu’au couple de vers; on trouve cela dans des poèmes où les vers présentent des rapports métriques sensibilisés par un seul retour. Une oreille prévenue se complaît à ces subtilités.
s"…
La construction de la strophe organisée pouvait faire croire que le vers unique, contenant, seul, ses propres rai- sons, était illogique. Il est nécessaire cependant ; c’est, dans la strophe, une incidente rythmique. Le propre du vers libre étant d'évoluer docilement avec le fond, cette incidente rythmique constituée par le vers unique ré- pond à un besoin.
+ É 3 * Il existe, d’autre part, des strophes libres dont chaque vers semble posséder son autonomie métrique ; le sens commande cela, le goût en décide.
& * *
A
Le vers unique isolé n’est plus à découvrir, un bel alexandrin classique par exemple, considéré à part, ayant toujours pu se suffire à soi-même. C’est une af- faire de construction et d'opportunité.
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 33
* + +
Il n’est plus nécessaire de justifier, au cours du poème libre, l'isolement, sur une ligne, d’un mot qui, par son importance, sa valeur syntaxique (négation, vocatif, exclamation, etc.), se range en marge des vers à l’inté- rieur desquels il n’eût pas eu tout son relief. Parfois même, cet îlot, ce corps étranger, comprend plusieurs mots dont l'introduction aurait, dans le vers régulier, nécessité de longues chevilles. Ces mots n’ont alors aucun rôle rythmique dans le poème. S'ils constituent une sorte d’étranglement, un isthme dans la colonne lyrique, c’est que tout, dans le sujet, l’autorise, le de- mande :
— Nom d'amertume, ulcère exsangue de nos bouches, Christ! Dieu des esclaves, dieu funèbre et farouche Qui tuas le grand Pan. Théo VARLET.
* * +
On trouve de beaux vers libres parfaitement musi- caux et dans lesquels l’analyse ne peut même pas révé- ler des rapports rythmiques d'équilibre, de symétrie, ou de constante. Il y a autre chose, ce n’est plus une ques- tion de cadence, les rapports phonétiques prédominent
34 NOTES
et suffisent, avec cette plastique homogène qui est aussi le fait de la belle prose.
se bé #
L’allitération est une des plus essentielles richesses du vers. Nous aimons un vers animé d’un souple jeu de voyelles ou de consonnes, tendant à interpréter harmo- niquement les évolutions de la pensée.
1 * *
Il est des allitérations qu'il faut éviter comme la rime insolente et trop riche. Il est des allitérations laides et grossières, cacophoniques.
On allitérait fort peu, au xvIr® siècle, au moins dans le sens actuel du mot ; or, l’allitération, procédé moderne d'une époque qui cherche à ne plus cheviller, a demandé parfois des sacrifices et des chevilles.
* . % L'audition colorée est une aptitude absolument indi- viduelle et qui n’intéresse qu’à ce point de vue.
1 + + De même, on ne peut rien ériger en loi quant aux va- leurs dites instrumentales des lettres. — Toute considé-
ration réservée à la très belle compréhension orchestrale de René Ghil.
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 35
+ + +
Le jeu des lettres est une question d’occurrence plus que de procédé, d’instinct plus que de science, comme tout ce qui relève du vers libre, comme tout ce qui relève de l’art. Il se produit là de merveilleux automatismes.
L’opulence du langage français est telle qu’il a conti- nuellement des bontés, qu'il accorde continuellement des faveurs. Tant de splendeurs qui semblent le fruit d’un prodigieux travail d'adaptation, et qui ne sont que privilèges et grâces du dialecte! Les mauvais auteurs n'altéreront jamais cette superstition qu’une langue comme la nôtre tend naturellement à se réaliser en beauté.
* + *
L’allitération, outre ses qualités euphoniques, et de leur fait même, est une aide précieuse pour la cadence :
Son rêve engourdit ma pensée En un bruit de FAUX et de FEUILLES...
Le soleil, d'un rire enflammé, . Met du SANG au bord du CIEL...
Car l'heure est fréle et mouillée Comme un REFLET de FLEUR au FLEUVE.
J'ai HONTE ef j'ai HATE de vivre. Francis VIELÉ-GRIFFIN.
36 NOTES
On trouverait cent exemples d’une aussi grande beauté chez Francis Vielé-Griffin.
* * *
La rime intérieure et l’allitération peuvent par con- séquent préciser la césure :
Céans aurez un refuge et bastille
Contre l'HOSTILE erreur qui tant POSTILLE
Par son faux STYLE empoisonneur du monde : Entrez, qu'on FONDE 1cy la foy PROFONDE...
RABELAIS.
* + *
La place des lettres allitérantes, en deux ou plusieurs vers consécutifs, peut amorcer, lancer un rythme pour le reste de la strophe.
*% *X *
Une allitération initiale et terminale dans un vers long : cela balance le vers, l'équilibre. Au centre du fléau, une consonance dure et saillante comme le cou-
teau :
Et de SenTir encore et quand même Sa Tête. VERHAEREN.
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 37
+ k *
Il y a des allitérations qui étouffent le vers ou qui le font clapoter comme une petite fontaine, ou qui le hérissent de panoplies tintantes.
Mais quelle action possède l’allitération qui n’a pas l'air d’allitérer ; l’allitération qui n’attire pas l'atten- tion sur elle-même et son ingénieuse disposition, mais qui se dissimule sous l'éclat de la pensée!
Ce que Mallarmé peut faire avec des + :
Tel vieux Rêve, désir el mal de mes vertèbres. Et Rimbaud, avec des s : Et comme 1l savourait surtout les sombres choses.
* + *
On n'analyse pas l’allitération ; chaque vers doit se révéler sans commentaires :
… Plus vague et plus soluble dans l'air Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.
VERLAINE.
… Crier vers la souffrance et les affres du soir. .… Et des sabrants éclairs de son âme savante. .… Grand de terreur sous le froid d’or des firmaments.
VERHAEREN.
38 NOTES
.… Le large lit d'argile. Henri GHÉON.
… Meurt un maladif hallah. RIMBAUD.
Lors si las de languir en des rêves de limbes. John-Antoine Nau.
Car y a-t-il rien qui vous élève Comme d'avoir aimé un mort ou une morte? Guillaume APOLLINAIRE.
Rue épaisse, granuleuse, bouffe Qui tritures ta foule entre tes fiacres.
Jules ROMAINS. On en pourrait citer indéfiniment.
*k jé k
Comme il y a des équilibres rythmiques, il y a des équilibres phonétiques qui ne sont pas proprement des allitérations.
Ils influent discrètement et sûrement sur l'oreille et aussi se rendent sensibles à la bouche qui parle, par la similitude des articulations. En lisant ce vers de Rim- baud :
Porteur de blés FLamands ou de colons anGLaïs,
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 39
peut-on ne pas remarquer la symétrie de ces deux liquides précédant toutes deux un son ouvert et rehaus- sant, dans chaque hémistiche, les deux adjectifs symé- triques de la phrase.
Mais faut-il analyser?
Plutôt, au gré des souvenirs :
.… Et les fientes d'oiseaux cLabaudeurs aux yeux BLonds. RIMBAUD.
Le BLeu fouillis des cLatres étoiles. VERLAINE.
ErrFrayant EFFrayé, 1l CHerchait le cHemin. VERHAEREN.
Il semble parfois que la corde tendue des consonnes s’infléchisse un peu pour, de nouveau, se roidir, et cela fait claquer le vers comme une oriflamme :
Et ses cris grands cassaient les échos des rivages. VERHAEREN.
Dans un parfum de vigne et de foin. VIELÉ-GRIFFIN.
+ + *
D'autres fois, la série des consonnes s'atténue pro- 4
40 NOTES
gressivement du début à la fin du vers, ou réciproque- ment : … S’asseoir au banc de la porte. .… Tu souriras belle et parée… VIELÉ-GRIFFIN.
+ . * * Le vers étouffé sous un amas de diphtongues nasales
… dans ses poings de montagne.
G. D. + * * Les arabesques de voyelles : Un hydrolat lacrymal lave. RIMBAUD.
… Les agiles baladins pimpants de pourpres dalmatiques. Gustave KAHN.
… de danser à ravir les étourdit s1 vite. Gustave KAHN.
# + +
Mais à quoi bon classer toutes ces musiques :
Une chose qu'on fait en songe. VAN LERBERGHE.
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE
Non, c'est un bruit de choc d'épée qu'apporte Le vent furieux de cette nuit.
Gustave KAHN.
Ton lourd désir gonflait un sanglot de caresse.
Paul CASTIAUX.
Elle prend garde aux plis de sa robe de peluche.
Max Jacos.
Les houx luisanis et durs, convulsifs, se tordent.
Albert VERDOT.
Des collines bombaient leurs gorges au soleil.
Léon DEUBEL.
4I
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La rime!
Oh! qui dira les torts de la rimel Quel enfant sourd ou quel nègre fou Nous a forgé ce bijou d’un sou.
Nous ne les dirons pas, ces torts de la rime. Nous dirons :
La poétique comporte maintenant d’autres protago- nistes ; la rime est un acteur dont l'emploi reste dans ce qu’on appelle, au théâtre, les « utilités ».
Par exemple :
Marquer parfois la fin de quelques vers à rythme émoussé.
Sonner, rouler, quand il faut faire donner les cuivres et la batterie.
Taper du talon les pas d’une petite danse qui s’en accommode.
Rehausser de préciosité une miniature poétique.
Dorer sur tranche un madrigal.
Mettre des talons rouges dans une « fête galante ».
Astiquer le harnois de l’emphase, si besoin.
Franger une tapisserie, l'orner de pompons.
Fignoler des pastiches.
Faire d’amusantes petites blagues.
44 NOTES
Mais lorsqu'elle survient, par une ancienne habitude, pour se pavaner au bout du vers, cette vieille dame d'honneur, commeil ne faut la recevoir que sous réserves!
On peut la faire rentrer dans le rang ; elle est là, on ne l’exhibe pas, voilà tout.
Un fil de Vierge fréle et long Sur lequel 1l choit de la gréle.
*"+ Et si, par hasard, elle vient s'offrir, presque nécessaire, bien riche, évidemment attendue, quelle bonne grâce il y a dans le geste qui la refuse quand même. Le lecteur sentira toujours qu’elle aurait pu être là, et l’entendra, même à travers le mot qu’on lui a substi- tué et qui fait diversion, énergiquement.
* “ #
A côté des partisans de la rime rare, il existe aussi ceux qui, de temps en temps, décrochent à dessein une paire de rimes célèbres et la sortent comme une pièce de collection. Question de sport.
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 45
k . *
Au cours d’un poème rimé ou non, on peut encore spéculer sur les habitudes qu’on a des rimes. Deux rimes masculines viennent de se suivre ; l’oreille attend l’habi- tuelle rime féminine, mais voilà que la rime mâle se ré- pète une troisième fois, relevant impérieusement l’at- tention, pour ne la laisser retomber qu'enfin, au qua- trième vers, sur la désinence attendue :
Elle sourit. Jean la regarde faire,
Aller, venir, hardie, ronde et légère,
de la cuisine à la salle à MANGER.
Elle est puissante, à l'entendre MARCHER,
À voir, Sous sa nuque, Se RELEVER
ses cheveux blonds comme ceux des meunières.
Francis JAMMES.
On a réalisé les effets les plus variés, en ce sens.
* r *
Verlaine a pu guérir le mal par l’excès : nous goûtons avec plaisir la même rime aux quatre vers d’une strophe. Mais ce n'est plus, cela, la rime avec son balancement alternatif, mâle et femelle. C’est une trouvaille de cir-
46 NOTES
constance, — échos dans les grands arbres, ricochets, ronds dans l’eau multipliés loin :
Souvenir, souvenir, que me veux-tu? L'automne Faisait voler la grive à travers l'air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise détone.
Nous étions seul à seule et marchions en révant
Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent. Soudain, tournant vers mot son regard émouvant :
« Quel fut ton plus beau jour? » fit sa voix d’or vivant.
+ + +
Que dirons-nous de la répétition du même mot à la rime, sinon que, sévèrement interdite dans la versifica- tion de Despréaux comme une « tricherie », une fraude, elle est, au contraire, précieuse, exige un grand doigté et donne au mot intéressé un relief saisissant que rien ne saurait donner plus intensément :
Quand je cause avec toi paisiblement
Ce m'est vraiment charmant, tu causes si paisiblement…
.… Et je me réveillai de ce colloque.
Hélas! C'était un rêve (un rêve ou bien quoi?) ce colloque. VERLAINE.
Corbeille de fruits rares que j'aime, Entrelacs des lignes que j'aime,
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 47
Son des propos que j'aime, Danse des danses de ton pas que j'aime, Loin de toi c’est attendre et non vivre.
Gustave KAHN.
Ce poète-ci, souvent et merveilleusement, s’est dé- lecté et grisé, a su nous délecter et nous griser avec le retour du mot élu.
La * +
N'était-ce point justice que l’ancienne laisse, si long- temps bannie, revint prendre part au festival poétique? *
+ * L’assonance :
La rime avec une sourdine, mais en plus l’inattendu, la nuance, des délicatesses, et le charme de ces subtilités auxquelles la rime n’'atteint pas.
1 + +
Le choix d’une assonance est plus difficile que celui d’une rime.
+ *k +
L'emploi de l’assonance érigé en règle serait aussi dan- gereux que l’usage constant de la rime. Mais nous n’en sommes pas là.
48 NOTES
Encore moins précis que l’assonance : des voyelles différentes jouant à la fin des vers sur un même timbre de consonnes :
.… Eh bien! qu’elle en prenne à son aise Et que tout fonctionne à sa gusel Nous, nous entretiendrons les Muses, Les neuf immortelles Glaneuses!…
Jules LAFORGUE.
1 *X *
Il y a même encore autre chose, qui dans bien des cas doit suffire quand vibrent d’autres cordes. Il y a, comme dit Jules Romains, à la place de la rime, un rapport de sonorités plus inédit, plus frais, plus approprié aux cir- constances métriques :
C'est toi, je n'ai plus la force de rien faire, : Je suis à toi comme à la plus âcre gare.
N'es-tu plus que cette rumeur dans mes oreilles, L'écho naïf qui rôde autour de mes Paroles?
Jules ROMAINS.
+ * *
Dès qu'on parle métrique, la question de l’e muet
SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE 49
s'impose ; que de lignes, articles, livres, enquêtes sur cet e muet!
*" +
La métrique classique semblait avoir tranché la ques- tion en accordant à l’e muet une valeur prosodique constante. Inutile de dire que cette rigueur puérile et injustifiée n'en comportait pas moins des excep- tions, puisque l’e muet intérieur (soierie, déploiement, voyaient) perdait toute valeur de durée, et que la né- cessité de l’élision torturait la syntaxe et faisait pulluler les chevilles.
Nous avons déjà dit en quoi l’e muet peut estomper les limites d’un mètre ou d’une constante, ouater le ba- lancement des équilibres rythmiques, fluidifier les symé- tries, amortir la chute d’une césure.
L'e muet pèse toujours ; il peut aller d’une valeur extrêmement faible à la valeur syllabique complète (qui comporte elle-même tant de claviers). Cette grande élas- ticité a transformé l’ancien obstacle en un précieux ins- trument, si l’on peut dire.
* jé *
Ceux qui ont compliqué la question de l’e muet, ce
sont les partisans du vers libéré, les réformateurs à demi-
50 NOTES SUR LA TECHNIQUE POÉTIQUE
mesures, ceux qui ont voulu reviser la Constitution au lieu de la déposer aux Archives, les prudents.
Mais elle est pour nous bien simple : puisque nous ne comptons pas uniquement les quantités de syllabes, mais qu'aussi nous évaluons des qualités de syllabes, nous } laissons à l'e muet la valeur éventuelle et mobile qu'il ‘ prend dans le lieu du vers et le moment de l’émotion.
Ce point, pas plus qu’un autre, ne sauraït supporter de règles, quand il s’agit d’une métrique dite libre.
+ * *
Le poète doit plus de confiance à son oreille qu’à l’Ins- titut phonétique.
ACHEVÉ D IMPRIMER
LE XXX MAI M CM XXV PAR P. DAUPELEY-GOUVERNEUR
A NOGENT-LE-ROTROU
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LIBRAIRIE ANCIENNE ÉDOUARD CHAMPION 5 ET 7, QUAI MALAQUAIS, PARIS (VIe)
ERNAULT (E.). L'ancien vers breton, exposé sommaire, avec exemples et Pise en vers bretons anciens et modernes. In-12 . . . . . e . . e. . . 4 fr.
— Sur le hide Poétiqie. 1904,in-89 . . . . . . . . 2 fr.
GRAMMONT (Maurice). Le vers français, ses moyens d’expres- sion, son harmonie. Deuxième édition refondue et augmen-
tée. 1913,1in-80 . . . . : on rene 24 Îr. Introduction. — Préraière Lace Le ce considéré comme moyen d'expression. — I. L’alexandrin classique. — II. Le rejet.
— III. Les vers de douze syllabes autres que l’alexandrin clas- sique à quatre mesures. À : Le vers romantique. B : Pentamètres et hexamètres. — IV. La variété du mouvement rythmique. — V. Les poèmes à mouvements variés. À : Poèmes en vers libres. B : Poèmes en strophes libres. — Deuxième partie : Les sons considérés comme moyen d'expression. — Ï. Répétitions de phé- nomènes quelconques. — II. Les voyelles. A : Voyelles aiguës. B : Voyelles claires. C : Voyelles éclatantes. D : Voyelles sombres. E : Voyelles nasales. — III. Les consonnes. A : Momentanées. B : Continues. C : Réunion de consonnes diverses. — IV. L'hia- tus. — V. La rime. — Troisième partie : L'harmonie du vers fran- çais. — I. Les vers en triades. — II. Les vers en dyades. — III. Les vers en tétrades et en hexades. — IV. Les vers en dyades et triades combinées. — V. Le rythme consonantique. — VI. Vers imparfaitement harmonieux. — VII. Vers dépourvus d’harmo- nie. — VIII. Classement de quelques poètes au point de vue de l'harmonie. — IX. L’harmonie des vers de moins de douze syl- labes. — Conclusion. Tables et index. — I. Index des principaux vers, fragments et poèmes étudiés. — II. Table analytique. — III. Table des divisions principales de l'ouvrage.
JEANROY (A.). Les origines de la poésie lyrique au moyen âge. Nouvelle édition avec addenda et A RPSROIOE PIRHOBA PAUSE In-89 . . .. . 20 fr.
LANDRY (E.). La théorie Fe the et le che du français déclamé, avec une étude expérimentale de la déclamation de plusieurs poètes et comédiens célèbres, du rythme des vers italiens et des nuances de la durée de la musique. 1911, in-89 . . . . ; Lo es ET ir: 25
MaRTINON (Ph.). Les ie — Étude rer et critique sur les formes de la poésie lyrique en France depuis la Renais- sance, avec une a Pa DÉCRIRE et un répertoire
général. 1912,in-80 . . . ; st . .« . 12 fr. 50
ee
NOGENT-LE-ROTROU, IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR
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